article de fond, Bain d'arrĂȘt

Portrait de famille. 🖋

Portrait de famille. Photographie japonaise contemporaine et cercle familial

par CharlĂšne Veillon
Temps de lecture ⏰ 13 min 57

L’art du portrait remonte Ă  une trĂšs lointaine tradition, en ExtrĂȘme-Orient comme en Occident. Certains spĂ©cialistes datent la premiĂšre Ă©bauche de silhouette humaine au Japon Ă  prĂšs de 20 000 ans, puis les premiĂšres reprĂ©sentations anthropomorphes en terre cuite vers l’ñge du bronze. Ensuite, c’est le bouddhisme qui, vers les VIIe-VIIIe siĂšcles, suscite les premiers portraits dignes de ce nom. Puis, vers le XIIe siĂšcle avec la domination de la classe guerriĂšre, la reprĂ©sentation du visage humain se laĂŻcise, puis se dĂ©mocratise peu Ă  peu. Ladiffusion des estampes ukiyoe, Ă  partir des XVIIe-XVIIIesiĂšcles, favorisa Ă©galement le dĂ©veloppement du genre du portrait, de courtisanes ou encore d’acteurs de Kabuki par exemple. Mais ce n’est qu’avec l’ouverture progressive des frontiĂšres du pays Ă  partir de la seconde moitiĂ© du XIXe siĂšcle que le portrait nippon se dĂ©veloppa, notamment grĂące Ă  l’introduction de la technique photographique. TrĂšs rapidement, les studios photo japonais prolifĂ©rĂšrent, calquĂ©s sur ceux occidentaux, et le genre du portrait de famille prit son autonomie.

Comme en Occident, pour un portrait de famille, on pose devant l’objectif dans ses plus beaux atours, les parents souvent assis, entourĂ©s de leurs enfants. La famille impĂ©riale nippone ne dĂ©roge pas au rituel du portrait de famille. Chaque 1er janvier de chaque annĂ©e depuis le siĂšcle dernier, une nouvelle photographie officielle de la famille impĂ©riale est dĂ©voilĂ©e.

Toutefois, de nos jours, au Japon comme en Occident, les studios photo professionnels ne font plus recettes grĂące au portrait de famille. Si les familles fortunĂ©es restent attachĂ©es aux studios pour les portraits d’occasions particuliĂšres comme les photographies d’omiai (clichĂ©s des enfants cĂ©libataires que les familles diffusent dans leur rĂ©seau en vue d’un mariage arrangĂ©), la dĂ©mocratisation des appareils photo argentiques puis numĂ©riques personnels a changĂ© la donne. Nombre de personnes font aujourd’hui leurs propres clichĂ©s intimes, devenant ainsi les gardiennes des souvenirs familiaux. Mais qu’en est-il dans la sphĂšre artistique ? Quelle est la place du portrait de famille dans la pratique contemporaine ?…

LĂ©gendes

ill.1 – La MariĂ©e cerisier en fleurs. Autoportrait, 2006 de Kimiko Yoshida   ©Kimiko Yoshida

ill.2 – Les mariĂ©es cĂ©libataires de Kimiko Yoshida : La MariĂ©e veuve. Autoportrait, 2001   ©Kimiko Yoshida

ill.3 – Omiai (30 works), 2006  © Tomoko Sawada

Ill.4 – Thirty Works: Bride, 2008  © Tomoko Sawada

Ill.5 – Bear & Rabbit wedding, 2018,  © TSUKAO (Instagram – bear_n_rabbit)

 

 

 

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