Maki | Love Hotels & Clubs
À Tokyo, dans le quartier de Kabukicho, ont été construits depuis une cinquantaine d’années toute une concentration de Love Hotels et Clubs en tout genres. Maki, photographe, ayant publié plusieurs ouvrages sur le Japon, a voulu immortaliser à sa façon, du point de vue de la rue, ces lieux hétéroclites qui l’ont toujours attiré et qui font depuis de nombreuses années partie de son quotidien lorsqu’il réside au Japon.
Présentation de la série
Love Hotels & Clubs, Tokyo, Japon
Depuis 2001, je photographie régulièrement le Japon en argentique et en noir et blanc. Ce nouveau projet de livre photographique, unique aussi bien au niveau de la forme (procédé photographique) que du fond (l'extérieur des Loves Hotels), est centré sur le quartier de Kabukicho à Tokyo, sur l'architecture particulière de ses Love Hotels et Clubs qui sont légion dans cette partie de la ville… Dans les années 60, ce quartier, situé à l’est de l’arrondissement de Shinjuku était rempli de cinémas underground, théâtres expérimentaux, clubs de strip-tease, mais aussi de trafics en tous genres, une jungle moderne, un lieu de tous les possibles… Aujourd’hui l’endroit est toujours prisé pour sa vie nocturne débridée mais aussi pour sa grande concentration en Love Hotels (hôtels à thèmes, aux décors et architectures fantasques, destinés aux couples légitimes ou pas, dans lesquels on se rend pour quelques heures ou pour une nuit…) et en Clubs pour adultes des deux sexes… Lorsque je séjourne à Tokyo, je réside invariablement à Kabukicho. Cela a toujours été ma première vision lorsque je quitte mon logement. Ces vieux Love Hotels avec des thèmes aussi surprenants que différents, ainsi que les clubs qui leur tiennent compagnie tout autour, m'ont toujours fasciné. Une des particularités de ces hôtels à thèmes est d’arborer sur leur façade une architecture d’une grande diversité de styles et d’une créativité surprenante, depuis les années 70 jusqu’à nos jours le style architectural parfois « kitch » mais toujours très soigné, voire recherché (en comparaison des « Business Hotels ») interpelle et place le promeneur dans une atmosphère inédite… Habitant régulièrement le quartier, ils sont devenu mon quotidien à Tokyo et cela m'a semblé tout naturel de commencer à les immortaliser il y a des années, à ma manière...
Aimant expérimenter, je décide en 2016 de poursuivre ce travail en les photographiant de jour, depuis la rue, lorsque le quartier est calme tel un passant au gré de nombreuses déambulations, mais avec un appareil photo argentique panoramique en plastique qui possède les particularités d’avoir un objectif très grand angle (condition - sine qua non - pour pouvoir photographier ces façades) et dont l'image exposée englobe la totalité du négatif, incluant les trous situés sur les bords du film… Le résultat met en résonance une vision photographique originale et singulière, le fil conducteur de toutes mes publications, échappant au genre documentaire qu’aurait pu prendre un tel sujet pour en faire un travail artistique personnel et expérimental.
Biographie
Photographe français né à Marseille en 1964, Maki choisit, au début des années 80, la photographie en noir et blanc pour exprimer sa curiosité, sa vision du monde, ses déconvenues, ses peurs, son attirance envers le Japon, ses obsessions, ses découvertes, ses doutes, ses interrogations, ses expériences, ses explorations, ses désirs, la mémoire du temps, des lieux, et des personnes… Artisan avant tout, depuis toujours, il développe ses films, tire sur papier argentique ses images et édite lui-même ses séries photos. Il photographie des manières de voir et fabrique des visions aléatoires du monde qui l’entoure. Il s’éblouit avec la lumière et essaie de narguer la loi du bon sens tout en cherchant ce que « photographier » pourrait bien vouloir dire…
Photographe - mais aussi éditeur, compositeur, DJ, producteur et réalisateur radio - Maki a été un des membres fondateurs du collectif de photographes européens «SMOKE » (2007 - 2012) avec lequel il a exposé dans des festivals et galleries (Musée d’Art Moderne et Contemporain de Liège, Centre Wallonie-Bruxelles à Paris, festival off des Rencontres d’Arles…) et publié une revue du même nom.
Depuis 20 ans il se rend régulièrement au Japon pour continuer son « work in progress photographique illimité » sur ce pays qu’il connaît bien, et dans lequel il expose depuis quelques années, régulièrement ses photos. Il a publié plusieurs ouvrages photo résultant de ses voyages au Japon (« Gûyu - Allegory » chez Timeshow Press, « Japan Somewhere » chez Zen Foto Gallery à Tokyo…).
En tant qu’éditeur il fonde en 2010 la collection « Média Immédiat » avec laquelle il publie 11 mini livres avec des photographes internationaux (Onaka Koji, Ed Templeton, Morten Andersen, Ichiba Daisuke…).
Il a exposé son travail photographique en Europe et au Japon et a été publié dans divers catalogues, magazines et webzines internationaux ainsi que dans le livre « Mono Vol.1 » (Gomma Books / London).
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Si vous souhaitez en savoir plus sur Maki, voici son dernier ouvrage : Japan Somewhere aux éditions Zen Foto Gallery

Disponible à la vente : Plac'Art Photo, Galerie Echo119, Artibooks, Ibasho, Shashasha
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Manon Giacone | 220 000 fantômes
Cette série de Manon Giaconne réunit des images d'archives des deux villes japonaises, Hiroshima et Nagasaki, qui ont été touchées par la bombe nucléaire et des mises en scènes contemporaines, qui s’entremêlent dans des prises de vues argentiques.
Présentation de la série
220 000 fantômes
Ce travail se divisait à l'origine en deux séries, 80 000 fantômes (en reference au nombre de morts lors de la bombe nucléaire à Nagasaki) et 140 000 fantômes (pour celle d'Hiroshima). Des images d'archives de ces deux villes japonaises et des mises en scènes contemporaines s'entremêlent dans des prises de vues argentiques.
Cette série photographique est un travail sur les traumatismes, non pas dans ce qu'ils ont de concret mais comme élément déterminant de l'homme d'aujourd'hui.
La société humaine est charpentée à la fois par le rejet de la violence dans notre mémoire et par le refoulement de celle-ci dans notre rapport au groupe social.
Une chose différencie radicalement le contemporain du reste de l'histoire humaine : nous sortons du siècle des désastres inénarrable. Ces éléments d'appréhension de la violence restent justes, en même temps qu'ils ne suffisent plus. Et c'est dans cette ère de "l'après de la catastrophe" que nous résistons.
Mon travail artistique peut être défini comme des ébauches d'interprétation de cet état d'incompréhension, comme des esquisses d'interrogation de cet impensable de la violence, ici au travers des catastrophes d'Hiroshima et Nagasaki.
J'ai particulièrement voulu m'attarder sur les catastrophes du Japon car ce pays est en constante évolution. Il ne laisse pas de place aux traumatismes des catastrophes, comme la guerre ou les tremblements de terre. Lorsque survient ce genre d'évènements, le pays reconstruit immédiatement, ne laissant aucune trace de la catastrophe, ne laissant presque pas de place à la mémoire. Par la création d'images contemporaines, celle-ci peut reprendre une place dans l'histoire.
Portraits d'artistes : Manon Giacone - interview vidéo 4 min 36 s
Biographie
Manon Giacone est née dans la nord de la France. Elle a étudié l’histoire de l’art et les arts numériques, puis a suivi un master en photographie et arts contemporains à l’université Paris 8.
Manon Giacone s'intéresse à la vie quotidienne, aux villages isolées. Elle s’attarde sur leurs changements et l’empreinte mémorielle que ces endroits laissent en elle-même et sur le spectateur.
A l’instar, aux travers de lieux ou foisonnent des échanges sociaux, elle cherche à mettre en exergue l’oubli, le retranchement et l’individualisme.
Son travail a été exposé en France, Allemagne, Luxembourg, Corée, Irlande.
Contacter Manon Giacone
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Eric Pelletier | Différences et similitudes
Ce projet d'Éric Pelletier est un clin d'oeil aux personnes affirmant que la France et le Japon sont deux pays fondamentalement différents. Eric Pelletier nous montre que nous pensons souvent être l'exotisme de l'autre alors que, la plupart du temps, nous sommes si proches !
Présentation de la série
Différences et similitudes
Le japon fascine la France et la France fascine le Japon. On retient dans cette fascination cette impression d’exotisme basée sur des réalités mais aussi des fantasmes. Il est vrai que l’on dit souvent que les Japonais sont moins enclins au contact physique que les français, que les français sont plus individualistes que les japonais, que les français disent ce qu’ils pensent étant à la limite arrogants là où les japonais ne diront pas ce qu’ils pensent de peur de froisser et de faire perdre la face à l’autre ou encore que l’on ne mange pas les nouilles de la même façon. Et pourtant …
Éric Pelletier participe en 2017 à un évènement artistique dans la campagne française. Sur le trajet de l’aller, il voit à l’aéroport à Tokyo un reportage japonais sur la nouvelle passion des français pour le katsuo bushi dans des petits villages chez des artisans. Le lendemain, à la gare du Nord à Paris, il voit un reportage sur le Japon – ses villages et ses temples.
« J'ai fait le tour du monde pour me retrouver de l’autre côté de l’écran de la télé. Une situation un peu surréaliste, je sais bien que les images de la France présentées à la télé japonaise sont aussi exotiques pour un public asiatique.
Eh oui ! On aime trop amplifier les différences de nos deux pays, montrer ce qui est si différent chez l’autre en oubliant que français et japonais sont des êtres humains et qu’ils ont les mêmes besoins et désirs. Éric décide de photographier ce qu’il voit de commun entre les deux pays. En France et au Japon, il photographie les gens dans la vie de tous les jours, ils sont là, faciles à trouver, et si peu différents.
Sugoi. Photo vous présente aujourd’hui le résultat de ce travail, une série photographique à caractère ethnologique mais qui peut simplement être regardée avec un oeil bienveillant dans le but de mieux se comprendre.
Biographie
Éric Pelletier est un artiste plasticien de Montréal. Il part s’installer au Japon et explore plusieurs techniques d’art japonais. Il finit par se faire la main à la photographie car qui dit Japon dit photographie. Toujours en explorant la ville et en expérimentant des techniques différentes il communique avec les gens de manière naturelle pour créer des series d’image sur la vie de tous les jours.
Contacter Eric Pelletier
contact Eric
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Patrick Rimond | Entretiens avec la Terre (Sakurajima)
Sur une île volcanique japonaise, Patrick Rimond tente une reconnexion avec la vibration du monde par le contact avec la matière. À l'aide de la photographie, il enregistre son dialogue avec une identité primordiale, origine de la vie sur terre, en enregistrant performances et observations de l'environnement (minéral, végétal et humain).
Présentation de la série
Entretiens avec la Terre, Sakurajima, Japon 2019
Ma préoccupation face à l’évolution actuelle de l’activité humaine et de ses conséquences sur notre planète et son climat m’a amené à m’interroger sur les origines de la vie. Ayant participé à une initiation chamanique où j’ai appris à utiliser mon corps pour percevoir le monde extérieur au travers de sensations plutôt que par la pensée j’ai voulu établir un contact avec une entité primordiale. Je me suis ainsi rendu au Japon sur l’île de Sakurajima où se trouve le volcan le plus actif de l’archipel.
Dans le but d’obtenir un signe ou une réponse à mes questions, j’ai fait le choix de vivre une expérience personnelle et photographique au travers d’ Entretiens avec la Terre. Ces entretiens ont consisté en de courts rituels où je me suis photographié en train de percevoir les vibrations de la Terre, en la touchant, en m’y enterrant ou encore en l’écoutant. J’ai aussi tenté d’interagir avec une offrande, avant une ascension vers le cratère, ou une tentative symbolique de mettre le feu à la lave. Ces images sont complétées par un travail photographique d’investigation sur la topographie de cette île. J’espère que ce travail apportera à toutes les générations un message de reconnexion physique avec la Terre en partageant ce même type d’expérience.
La série montre également le comportement des hommes face à ce volcan source de vie et de mort. Durant ce projet j’ai découvert de façon inattendue une montagne remodelée pour devenir inoffensive, une représentation de cette vaine tentative de l’homme de canaliser la nature. Ce deuxième volet du projet souligne l’illusion de pouvoir contrôler la nature et ses manifestations.
Actualité du projet
- Exposition individuelle -
Du 18 septembre au 31 octobre 2021
Galerie L'Escalier
Vendredi, samedi et dimanche de 14h à 19h - 4, rue de l'Yonne , Auxerre
- Interview France Bleu -
>Voyage volcanique et intime au Japon avec Patrick Rimond
Vidéo "Le concert" 1 min 19 s
Biographie
Patrick Rimond utilise la photographie de différentes façons. Il explore le monde avec le paysage, il rencontre avec le portrait, il manipule avec le collage numérique et ici il enregistre les actions qu’il réalise in situ. Toutes ses pratiques de la photographie sont nourries par un même désir intime de comprendre le monde. C’est un travail sobre et intense d’attention à la réalité qui est constant, curieux, sans jugement ni ostentation.
Après un diplôme d’ingénieur obtenu à Paris en 1995, Patrick Rimond s’installe au Japon pour 9 années. À son retour en Europe en 2006, il ouvre sa pratique à des collaborations avec d’autres artistes et d’autres media. Il participe à la création de deux projets d’artist run gallery avec Plateforme (Paris 20e) et La Générale en manufacture (Sèvres) et co-organise actuellement le festival des nouvelles pratiques photographiques, la Biennale de l’Image Tangible. Dans ce cadre, Il rejoint en 2020 la résidence Organoïde, Art et Sciences, initié par Fabrice Hyber à l’Institut Pasteur.
Ses photographies ont donné lieu à la publication de cinq livres monographiques dont QASD 2019 et Hudros 2016 (éd. Iki). Son travail est régulièrement exposé - Les Promenades Photographiques Vendôme, galerie Lab Artyfact Paris, Maison d’Art Bernard Anthonioz Nogent-sur-Marne, galerie Dufay-Bonnet à Paris, Musée d’Histoire de la Photographie Cracovie, Plateforme Paris, galerie KH15 Berlin.
Contacter Patrick Rimond
En savoir plus...
Si vous souhaitez en savoir plus sur Patrick Rimond, voici son dernier ouvrage :
Quests Are Sometimes Disapointing
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