Les actus de Sophie, Sugoi news

Hitoshi Fugo, On the Ground | MEM Gallery 👁

Hitoshi Fugo, “On the Ground – Picking Up Cicadas”
2004, Gelatin silver print, 44.6×35.7cm each (a set of 3)
© Hitoshi Fugo, Courtesy MEM Gallery

Hitoshi Fugo est depuis longtemps sensible à ce que la photographie ne peut saisir. Bien que son objectif capture des sujets tangibles, il les considère comme de simples catalyseurs, son appareil tourné vers l’invisible, tapi juste au-delà.

La série « Sur le sol », qui donne son titre à cette exposition, n’a jamais été présentée officiellement jusqu’à présent. Composée de trois ensembles distincts : « Cigales ramassées », « Le temps qui passe » et « Ciel et Terre contemplés », cette série a débuté vers 2004 et s’est progressivement développée grâce à un va-et-vient constant entre la création d’images et la réflexion, à l’image d’un arbre qui approfondit ses racines, étend ses branches et se couvre de feuillage.

À la fin de chaque été, Fugo ramassait les cigales mortes tombées près de chez lui ou dans la cour de l’école voisine. En examinant les corps qu’il tenait entre ses mains, il constatait que chacun portait une particularité : certaines mordillées par d’autres insectes, d’autres aux ailes déchirées, d’autres encore aux membres écrasés ou manquants. Les nervures de leurs ailes, la structure de leur corps et l’éclat de leur surface révélaient une beauté sculpturale et paisible. Captivé par ces formes, Fugo photographia chaque cigale avec minutie, capturant l’avant et l’arrière, et tira ces clichés. À mesure que le nombre de spécimens augmentait, il commença à les réduire, une à une, en fine poudre. Il plaçait chaque poignée de poudre dans un petit flacon de verre qui, à l’instar des cigales elles-mêmes, révélait sa propre singularité. Fugo photographia ensuite les flacons, composant des triptyques à partir des clichés de chaque cigale, de face et de dos. C’était peut-être sa manière silencieuse d’honorer sa mémoire.

Tous les êtres vivants, cigales et humains confondus, naissent et retournent à la terre. Notre existence s’inscrit dans ce cycle perpétuel. Fugo se demandait s’il était possible de photographier le flux et les strates du temps cyclique accumulé au fil des millénaires. À cette époque, des fouilles archéologiques, mettant au jour des vestiges des périodes Jōmon et Yayoi, étaient en cours dans la cour de l’école près de chez lui. Les couches de terre exposées dans ces fosses révélaient des milliers d’années de sédimentation ; une rencontre avec un passé lointain. « Toucher le Temps » a débuté avec ses photographies de ces strates et s’est depuis transformé en un témoignage continu de la cour de l’école, un lieu en perpétuelle évolution.

À chaque visite, Fugo photographiait également le sol à ses pieds et le ciel à la verticale depuis un point précis de la cour, créant ainsi des paires d’images ancrées à cette position fixe : « Voir le Ciel et la Terre ».

« Attraper les Cigales » offre une représentation minutieuse de la forme ultime de la vie. « Toucher le Temps » retrace le lien entre le présent et le passé le plus lointain. « Voir le ciel et la terre » aligne la Terre et le cosmos sur une même ligne de mire. Ces trois séries, centrées sur les restes de cigales, s’unissent pour former une constellation d’images intitulée « Sur le sol ».

Hitoshi Fugo, “On the Ground – Touching the Time”
2008, Inkjet print, 29.8×44.9cm
© Hitoshi Fugo, Courtesy MEM Gallery

Pour plus d’information, veuillez cliquer ici

Dates du 17 mai au 1er juin, 2025
Titre de l’exposition Hitoshi Fugo|On the Ground
Lieu MEM Gallery
Partager..